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De passage...

Bonjour!

Bienvenue sur ce blogue dans lequel je vous propose des coups d'oeil éclectiques, au fil de mes humeurs et de mes occupations, des vignettes sur la société japonaise, une incitation au voyage virtuel, j'espère, mais aussi un outil d'adaptation pour ceux qui franchissent le pas et viennent nous retrouver ... à Nagoya!

 

 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 00:00
Dans l'enthousiasme de ma découverte de la  'mori-girl' j'ai tenté d'explorer la littérature à ce sujet.  Elle est très présente sous la forme de divers magazines féminins, comme SPOON, mais je ne m'attendais pas du tout à la trouver en titre de ce magazine que j'adore: KIMONO-HIME (KIMONO 姫), une publication vaguement annuelle dont le numéro 9 vient de sortir et dont le but est de remettre au goût du jour le port du kimono, et en particulier le kimono d'occasion, customisé et relooké.

Kimono-hime

What's Mori Girl???? sous-titre aguicheur qui m'a fait me plonger avec plus d'ardeur que d'habitude dans les pages couvertes de somptueuses photos de kimono portés de façon délicieusement subversive.

kimono-hime-2


Et chercher désespérement la réponse bien cadrée à cette question..... reprendre le magazine recto, verso, verso, recto.....pas d'article consacré à la fameuse 'mori-girl': serait-ce uniquement ce douillet cache-oreilles ornant la chevelure de notre belle audacieuse qui justifierait le titre?
La magazine présente par thèmes des kimono pour le soir, des hakama pour les futures cérémonies de remise des diplômes universitaires.

kimono-hime-3

Plusieurs jeunes femmes nous révèlent leurs tenues favorites en fonction de la saison; il y a même à la fin du magazine quelques pages de manga mettant en scène Mirori-Hime:

mirori-hime

Toujours pas de 'mori-girl' à la silhouette vaporeuse. A y bien réfléchir, ce serait presque impensable de fusionner ce look avec la rigueur nécessaire au port du kimono.

Mais finalement pas complètement impossible.....

Ici 'mori girl' est écrit en 'romaji', notre alphabet romain et le 'mori' n'a rien à voir avec  'la forêt'. Ce 'mori' là fait référence à  盛る, une certaine abondance, luxuriance et minutie apportées à l'accessorisation des tenues en kimono par des détails tous plus charmants les uns que les autres dans les cheveux, autour de l'obi, dans l'échancrure du kimono, le sac, les gants, le couvre-chef ou le parapluie.

Et là, les deux 'mori-girls' se rejoignent.
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 02:45
Dit comme ça, on imagine sortie des bois une femelle échevelée et même.... poilue? qui sait....

Mais, non, ici on est au Japon et le poil indompté n'a pas d'existence légale, en tout cas pas sur un corps féminin.

Sur une 'mori-girl' (de 'mori'; forêt et 'ga-a-ru'; de l'anglais 'girl')  le poil est un élément rapporté pour se faire cocooner.

Voici la photo qui illustre un article paru ce matin dans le journal Chunichi à propos de cette nouvelle communauté partageant des goûts vestimentaires et des styles de vie bien arrêtés. 

En matière d'accessoires, la 'mori-girl' a une prédilection pour les cache-oreilles et autres objets en fourrure.
 
Elle aime les sacs avec des motifs folkloriques ou d'animaux, sacs dans lesquels on trouve toujours son appareil photo. La 'mori-girl' se balade dans la ville et prend des clichés de tranches de vie.

Elle aime la superposition de vêtements amples, les leggings aux motifs originaux et les chaussures plates à bouts ronds.

Le terme est né il y a 3 ans avec une communauté qui s'est créée sur Mixi, un site social japonais.
La 'mori-girl' préconiserait une appréhension, une connaissance de l'autre qui ne s'arrêterait pas à son apparence extérieure mais à une recherche de sa personnalité intérieure. La 'mori-girl' tient à certains principes.
Ses choix vestimentaires reflètent un caractère tranquille et nonchalant: elle aime les matières souples et douces, le style 'petite fille' ; le week-end elle est capable de partir à la recherche de trèfles à 4 feuilles.
La 'mori-girl' est une romantique qui aime lire des contes de fées et qui apprécie les moments tranquilles avec un livre dans un café. Elle est sensible à la chaleur et l'individualité qui se dégagent des objets faits main.
A Tokyo, elle fréquente le magasin
MARBLE-SUD et le café HATTIFNAT.

Elle peut s'y plonger dans ses livres d'images favoris et, comme Boucle d'Or, y manger avec une petite cuillère en bois de délicieuses douceurs réconfortantes.  
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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 03:16
Ceux qui me connaissent le savent: je suis fascinée par les innovations linguistiques en japonais et je vais en profiter pour vous parler de deux termes servant à désigner deux catégories de garçons au Japon.

Le premier, 'les hommes qui mangent de l'herbe' ou 'sô-shoku-danshi' (草食男子) n'est pas récent; inventé en 2006 par la journaliste Maki FUKASAWA et complètement rentré dans le vocabulaire courant, il désigne une catégorie d'hommes jeunes, la trentaine, travaillant mais qui ne font pas montre des mêmes ambitions sociales que leurs aînés en particulier en ce qui concerne le sexe et l'amour.

D'après l'analyse de Fukusawa il y avait jusqu'à récemment deux catégories d'hommes; ceux qui allaient de l'avant et réussissaient dans les domaines sexuels et amoureux et ..... ceux qui n'avaient pas de succès.
Mais les 'sô-shoku-danshi' ne sont pas des hommes qui n'attirent pas les femmes; au contraire. Tout simplement....ils ne 'concrétisent' pas!
Ils ont des amies ....mais pas de relations sexuelles avec. Ils sont capables de terminer une soirée en amoureux au lit, mais sans rien de plus.  Et pire (pour leurs aînés, incrédules!): ils ne semblent pas en souffrir. D'ici à dire qu'ils manquent d'ambitions, il n'y a qu'un pas.

En 1987, 32% des femmes célibataires entre 20 et 25 ans avaient eu des realtions sexuelles, contre 53% des hommes du même âge. En  2005 ces chiffres étaients respectivement, 54% pour les filles et 58 % pour les garçons.

Les 'sô-shoku-danshi' ont face à eux les 'femmes qui mangent de la viande' ou 'niku-shoku-joshi'  (肉食女子) qui, maintenant sont capable de prendre les initiatives, travaillent, ont des relations sexuelles sans vues de mariage et mettent la barre très haut pour leurs partenaires au niveau financier.

On a parlé des herbivores et des carnivores dans le Monde (merci Matthieu) et dans le Figaro.


Petite mise en contexte pour vous parler maintenant d'une appellation plus récente:
Mercredi dernier sur la
chaîne de télévision CBC, il y a eu un reportage sur les 'Ladies-danshi' ('danshi' voulant dire 'garçon' en japonais: レディース男子 ).
Qu'est-ce qu'un Ladies-danshi?
un garçon qui aime mettre des vêtements et des accessoires de fille. ATTENTION, cela n'a rien à voir avec des préférences sexuelles, comme voulait le croire, un peu trop vite, un de mes étudiants à qui j'ai proposé de réfléchir à une traduction.....'un homo????' a été immédiatement son raccourci.

NON!!!! les ladies-danshi, souvent des étudiants d'écoles de
mode, en tout cas ceux qui étaient présentés dans le programme, essaient de ne pas se confiner aux conservatismes existant en matière de mode et de pousser plus loin les frontières.

Mais, on connaît cela depuis longtemps allez-vous me dire; Jean-Paul Gaultier et d'autres ont lancé la jupe pour homme il y a belle lurette et même au Japon on a déjà vu des intrusions de ce vêtement dans la mode masculine.

Mais il ne s'agit pas non plus exclusivement de jupes et de robes. C'est un peu plus subtil. Ce ne
sont pas des vêtements de femmes relookés ou remodelés pour des corps d'homme. Le ladies-danshi se fournit directement dans les magasins pour femmes parcequ'il y trouve des vêtements qui sont plus à sa taille, qui le mettent plus en valeur, tout simplement parcequ'il les trouve plus élégants;il n'hésite pas à emprunter les vêtements de sa petite amie.
Si vous voulez vous faire une idée allez explorer le quartier de entre
Sakae et Osu, entre PARCO et NADIA PARC. Une des boutiques phares s'appelle 'Baby Faline'  et se trouve ICI.

Ce qui est intéressant dans ces démarches de 'labellisation' forcenée c'est bien sûr la capacité à inventer de nouveau termes et à les rendre populaires; mais en allant plus loin, on se rend compte combien la société japonaise, si elle n'est pas opposée à l'innovation et au changement des moeurs et des pratiques culturelles, ressent toujours le besoin de tout cadrer et contrôler.
Car il ne faut pas s'imaginer que le fait d'avoir une existence linguistique rende le changement accepté ou même connu. Non: dès sa naissance la terminologie est un carcan peu évolutif qui est très utile pour créer de nouvelles petites cases sécuritaires dont on ne sort pas facilement sauf à se muer en une autre entité sous une autre appellation. Fascinant mais un peu angoissant.
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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 14:45
Je vous ai déjà parlé de ma collègue de bureau, une spécialiste connue de l'étude de la mode, Toyoko Yamada. C'est grâce à elle que j'ai acheté ce livre:

Il s'agit d'un ouvrage de plus de 300 pages, qui recense, de l'ére Meiji à nos jours, les looks qui ont marqué la mode japonaise. 230 pages entières d'illustrations minutieuses pour couvrir 140 ans d'histoire de la mode nipponne, suivies d'un récapitulatif par époque des palettes de couleurs en vogue et une analyse des tendances et des environnements culturels dans lesquels elles se sont développées.

1899.... un artisan et un facteur qui a revêtu pour la première fois un uniforme occidental: notez les sandales en paille tressée et le couvre-chef traditionnel, normalement en paille, mais qui a été vernis noir.


Toujours à la même époque, un petit livreur de lait frais et un samouraï qui s'essaie aux nouvelles tendances...sans oublier son sabre!

En 1930, la mode féminie allie des éléments japonais aux lignes occidentales tandis que les motifs des kimonos se modernisent.

Dans les années 1980, le noir est souverain chez un certain nombre de créateurs... les adeptes du total-look noir, qui revendiquent un style 'stoïque', sont  quelquefois appelés 'la tribu des corbeaux' (karasu-zoku):
Les années 90-2000 célèbrent l'avénement du quartier de Shibuya, à Tokyo, comme centre d'une mode jeune, très libérée et certainement libératrice quand on sait que du collège à l'entreprise, la société japonaise affectionne les uniformes sévères. Garçons et filles affirment un penchant pour des couleurs pastels et des cheveux blonds.
Le style traditionnel japonais est revisité tandis que prend de l'ampleur le courant 'gothique'.
Encore maintenant, les créateurs s'inspirent continuellement de la tradition vestimentaire japonaise, accessorisée avec des éléments représentatifs d'autres cultures. Parallèlement à ces tentatives qui font preuve d'individualisme, on est obligé de noter que la tendance à adopter certains 'moules' est bien ancrée dans les comportements qui subissent les influences extraordinairement fortes des médias et des gourous de la mode.
Il existe des mannequins emblématiques que beaucoup de jeunes femmes tentent de copier et on parle aussi de styles régionaux, tel celui de la 'Nagoya-jô' autrement dit la jeune fille (de bonne famille) de Nagoya: dotée d'un solide compte en banque (Nagoya affiche sans états d'âme son héritage industriel) elle ne jure que par les grandes marques et travaille beaucoup son apparence, en particulier les grosses boucles de cheveux qui encadrent son visage. L'exposition universelle de 2005 l'a rendue célèbre ainsi que d'autres spécialités régionales (culinaires....en particulier)!

A gauche....la demoiselle de Nagoya, à droite.... l'élégante de Kobe.

Ce livre est un délice!

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 14:22
Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, il vaut mieux ne pas mourir idiot.
Toujours à l'affût des incursions de langue étrangère en japonais, je dressais l'oreille il y a deux jours lorsque j'entendis que l'on allait parler de 'universal fashion' au journal télévisé du matin de la NHK .

Universal, universal..... me faisait penser soit à unisexe soit à une généreuse accolade donnée à un style 'fits all' comme dirait les anglophones. Bon, je n'étais pas très loin de la réalité avec la dernière notion, seulement j'ai honte de dire que ça a été pour moi l'occasion de découvrir le concept de 'design universel' dans lequel le Japon est apparemment à la pointe.

La NHK a déjà publié un ouvrages de patrons de vêtements répondant aux critères de l'Universal Fashion.

Le nombre de promoteurs de vêtements au design universel grandit de jour en jour dans un Japon dont la population vieillit.
Un exemple de produit phare: le pantalon de costume, à plis, qui pallie les problèmes d'incontinence avec une protection interne ou la veste de costume qui s'enfile facilement malgré un usage réduit des membres supérieurs. Egalement, le pyjama dont le haut et le bas sont reliés par une fermeture éclair cachée et dont on ne peut déboutonner le haut facilement, ce qui empêche les personnes devant porter une protection nocturne de se dévêtir et de se souiller.
 
A cela il faut ajouter les vêtements tout simplement faciles à enfiler et à porter malgré des handicaps ou des difficultés motrices; ce qui rend ces vêtements attrayants c'est qu'ils ne sont pas vendus dans le rayon très, très peu fourni des spécialistes d'équipement médical et que leur coupe est aussi proche que possible de celle de vêtements achetés dans n'importe quel magasin.
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