Le passé a du bon

Publié le 23 Août 2011

En matière de toponymie, cela paraît évident. J'ai entendu un reportage à la télé il y a quelques jours dans lequel différents spécialistes expliquaient quel avait été l'effet pervers de vouloir modifier des noms de lieux à la connotation trop cruelle.

Je parle bien sûr de cette malheureuse région du nord-est qui a été touchée par le tsunami.

Si on regarde dans le passé, et pas forcément très ancien, on nous donnait l'exemple d'un nom de lieu dans lequel il y  avait eu de mémorables éboulements de terrain: Kuryu, à Sendaï.

Kuryu avait donc été transcrit avec deux caractères qui devaient rappeler à tous que cette région était potentiellement dangereuse, donnant naissance à des glissements de terrain consituté de couches d'argile superposées sans rien pour vraiment les retenir ......崩生.

Il y avait apparemment de nombreux cas similaires qui faisaient un travail de mémoire pour des maisons disparues ( de 'kakeru'),  des habitations ensevelies ( de 'umeru').

Mais pour des raisons diverses, en particulier pour encourager l'installation de populations réticentes, les municipalités ont décidé, non de renommer à strictement parler....mais plutôt de faire un peu de chirurgie esthétique sur les caractères chinois trop connotés.

 

Ainsi les éboulis devinrent-ils des chataigniers,  'kuri'

les murs aplatis, des plaqueminiers,  'kaki'

ou les ensevelissements, des pruniers, 梅 'ume'

tout un verger fleuri, mais néanmoins menaçant, car l'histoire semble rattraper la région et les mêmes catastrophes se répéter aux mêmes points.

Rédigé par Baiya

Publié dans #Pratiques linguistiques

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