Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

De passage...

Bonjour!

Bienvenue sur ce blogue dans lequel je vous propose des coups d'oeil éclectiques, au fil de mes humeurs et de mes occupations, des vignettes sur la société japonaise, une incitation au voyage virtuel, j'espère, mais aussi un outil d'adaptation pour ceux qui franchissent le pas et viennent nous retrouver ... à Nagoya!

 

 

Retour à la page d'accueil

3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 04:12

 Voici une exposition qui m'aura marquée. La réceptivité à l'art, c'est bien sûr très subjectif. L'impossibilité de prendre des photos des œuvres, à laquelle s'ajoute la mauvaise qualité du catalogue de l'événement ne va pas rendre la démonstration aisée. 

Il faudra donc vous faire une opinion par vous même si vous avez la chance d'admirer le travail de cet artiste japonais contemporain dont le Aichi-Geijutsu Center organisait une rétrospective le mois dernier. 120 des œuvres de SHIMADA Shôzô retraçaient son parcours commencé très tôt puisque c'est après qu'il a obtenu successivement, à l'âge de 14 ans, les premiers prix d'un concours de dessin de la préfecture de Kanagawa et d'un concours national de poster, que son professeur d'arts plastique l'orienta vers la peinture à l'huile avec un succès qui ne s'est jamais démenti. Une grande partie de ses oeuvres se trouve au Musée Ménard.

triangle

( 課題制作 - Sujet imposé - 162,1 cm x 130,3cm)

L'affiche de l'exposition était cette huile de 1980 représentant une étudiante des Beaux-Arts (Musée national d'art moderne de Tokyo). En peignant ce tableau, l'artiste dit avoir été attiré par l'étiquette de la salopette en jean et le style vestimentaire représentatif de l'époque; il a construit son tableau à partir des intruments utilisés par la jeune femme en particulier l'équerre.

L'exposition était fascinante justement parceque  l'auteur avait proposé des commentaires concernant la genèse d'un grand nombre d'œuvres, commentaires dans lesquels il avait intégré des réflexions personnelle a posteriori sur la source d'inspiration et la place particulière de tel ou tel travail dans sa vie personnelle et artistique.


SHIMIDA Shôzô est né en 1933 dans la ville de Yokosuka, dans la péninsule de Miura, pas très loin de Tokyo. Sur la côte oppposée on trouve Kamakura. Dans cette ville, connue à l'époque pour sa base militaire et son chantier naval, son père était architecte et décorateur intérieur de paquebot; sa mère était une poétesse de waka disciple de SAITÔ Mokichi.

SHIMADA Shôzô explique que c'est la ligne d'horizon marin de son lieu de naissance qui a structuré sa vision depuis l'enfance et qu'il construit tous ses tableaux à partir de cette ligne horizontale qu'il pose en préambule. Le monde de SHIMADA Shôzô est un monde d'abord exprimé en rouges, gris et noirs, un monde urbain avec la mer en ouverture, puisque tout jeune il regardait l'horizon en se disant que de l'autre côté il y avait l'occident et surtout PARIS, où il se rendra en 1968 pour un séjour d'un an.

 

Avant cela, SHIMADA Shôzô a fait ses études à la prestigieuse Université des Beaux Arts de Tokyo qu'il a intégré à 21 ans après avoir étudié dans l'atelier de M. KAWAMURA . En 1957, il soumet cette œuvre intitulée 'Névrose' à la 31 ème exposition de la société des Beaux Arts KOKUTEN, qui depuis 1926 fait la promotion des jeunes artistes en organisant une exposition annuelle au Musée Métropolitain d'Art de Tokyo.

  1957-----.jpg

(ノイローゼ - Névrose - 162,1cm x 90cm)

Dans cette œuvre, couronnée lors de l'exposition de KOKUTEN, SHIMADA Shôzô explique avoir dépeint sa mère qu'il accompagnait régulièrement chez le médecin pour des troubles psychiatriques. Il dit qu'en y réfléchissant maintenant, sa mère devait traverser des troubles liés à la ménopause, qui s'étaient greffés sur les souffrances vécues pendant la guerre, en particulier quand son fils aîné avait disparu au combat en mer sans qu'on puisse retrouver sa dépouille.

A ce sujet, SHIMADA Shôzô a produit en 1958 une œuvre très forte (dont je n'ai malheureusement pas de photo....). Il raconte qu'il lui a fallu un an d'esquisses pour arriver à concrétiser ses sentiments et ses souvenirs. Il y représente sa famille en procession dans la ville, le chef de file portant l'urne funéraire vide de son frère sur fond de ciel gris  au-dessus d'une mer sombre et d'un sol teinté de rouge avec la silhouette de 2 croix et d'une église sur le côté droit du tableau.

 

A la sortie de l'université, SHIMADA peint et ses œuvres continuent à être acueillies favorablement, recevant de nombreux prix.

En 1966, à la création de l'Université des Beaux-Arts d'Aichi il est invité à rejoindre le corps enseignant.

Après son installation près de l'université dans une banlieue verdoyante de Nagoya, son registre de couleurs va énormément changer, intégrant des jaunes et des verts vifs jusque là absent.

mere-enfant.jpg

(母と子のスペース - Espace pour mère et enfant - 230,5cm x195cm)

C'est une peinture qu'il a faite d'un seul élan en 1967 avec un couteau à peindre de grande taille. Elle a obtenu le prix Yasui (créé en 1957) après de nombreuses soumissions de SHIMADA qui avait perdu espoir de jamais obtenir ce prix.  SHIMADA y associe cheval et figure humaine, chose qu'il fera souvent. Il dit aussi avoir été inspiré par le récit de la naissance du Christ ; il faut savoir qu'en japonais, ce que l'on connaît comme 'étable' dans le récit de la naissance du Christ a été traduit par 'uma-go-ya' c'est à dire, à proprement parler, 'écurie'.

En 1968, départ pour un séjour d'un an à Paris; il habite Montmartre, fréquente Picasso et voyage en Espagne et en Italie. A son retour d'Europe et pour émuler ses contemporains européens, il s'essaiera à la technique de l'eau-forte, quelque chose qui n'était pas vraiment pratiqué chez les peintres de 'style occidental' japonais à une époque où chacun restait confiné à sa discipline. Dans les années 70 la série 'Petite Femme' est le produit de cette recherche.

petite-femme-1.jpg

petite-femme-1-2.jpg

Mais avant tout, à son retour d'Europe, SHIMADA formule un projet:

'traduire le cubisme dans la langue des Japonais'

selon ses propres mots et son oeuvre explore désormais ce mouvement qui le passionne.Il crée son style, celui des 'katachi-bito' que l'on pourrait traduire par 'humains en formes'..

fontaine-eau
(みずくむかたち - Forme qui tire de l'eau - 1979 - 162,1cm x 130,3cm - huile sur toile)

C'est peut-être ce qui m'a le plus parlé lorsque je suis allée voir cette exposition le week-end dernier. Ce rôle assumé de passeur, tellement dans la lignée des cubistes, la réflexion sur la forme, la recherche de correspondances, de synthèses, de polyvalences,  de 'traductions'.

 

champ-chou(キャベツ畑 - champ de choux - 1980 - 130,3cm x 162,1cm - huile sur toile)

panier-legumes.jpg

pot-fleur.jpg

Comme dans la peinture traditionnelle japonaise les fleurs, surtout à travers des scènes de pratique de l'ikebana, et d'autre végétaux, des légumes de la vie quotidienne par exemple, sont très présents dans les tableaux de SHIMADA, ainsi que certains animaux, les oiseaux en particulier :

lacher-oiseau

(鳥放つ - Le lâcher d'oiseau- 1983 - 162,1cm x 130,3cm - huile sur toile)

Le 10 mars 2011, SHIMADA avait terminé son mandat comme conservateur du Musée de Yokosuka et le 11, il se trouvait dans son atelier lorsque le tremblement de terre du nord-est du Japon s'est produit. Ecoutant les informations sur la catastrophe il a conçu son dernier tableau en date:

Tohoku-croix.jpg

(東北に捧げる十字架 - Une croix pour le Tohoku - 2011 - 91cm x 72,7cm - huile sur toile)

SHIMADA a disposé en croix des fleurs de couleur blanche, volontairement discrète, comme tous les coloris du tableau, mais aussi la couleur des compositions funéraires: des platantheras (鷺草, sagi-sô), des freesia, tout en haut il a placé une fleur d'hydrangea macrophylla (額アジサイ,gaku-ajisai) propre au Japon. C'est, ainsi qu'il le définit, son offrande florale d'artiste, son 献花 (ken-ka) et aussi le premier tableau qu'il peint depuis le déménagement dans sa nouvelle demeure.

Repost 0
22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 06:34

La semaine dernière, le premier daikon; aujourd'hui, et toujours sous la pluie... de petits radis croquants avec juste la petite touche de piquant pour mettre en appétit.

radis-coupe-bleue.jpg

Les piments shishitô ont viré au rouge et eux aussi sont forts en goût:

shishito-rouge.jpg

J'ai depuis quelque temps un visiteur du Shikoku:

lapin-shikoku.jpg

lapin-radis.jpg

Repost 0
15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 05:55

Le voilà, le voilà.....

daikon-2011.jpg

Une variété qui peut se consommer à partir d'une vingtaine de centimètres mais qu'on peut aussi laisser grossir et cueillir au fil de ses besoins. Un avantage, quand on ne veut pas avoir un monstre digne d'un régiment dans le bac à légumes du frigo.

Je suis allée le chercher ce matin et ses congénères abritaient ici et là pas moins de 3 sortes de chenilles différentes....une poilue que je vois pour la première fois sur les daikon et deux que je connais bien, vert pomme et noire. Le prix à payer si on ne veut pas utiliser de pesticides, bien sûr.

 

Les feuilles sont encore super tendres comme la racine elle-même....le tout coupé en petits morceaux, revenu dans une marmite avec un hâché de porc:

daikon-itame.jpg

Nous sommes à Nagoya, donc assaisonnement de miso rouge! saupoudré de shichi-mi de Kyoto....

daikon-itame-2.jpg

en accompagnement de kuri-gohan (mes dernières châtaignes et une mesure de riz complet mélangé au riz blanc):

kuri-gohan.jpg

Le déjeuner sous un ciel  encore très bas:

daikon-kuri.jpg

Repost 0
Published by Baiya - dans Cuisine
commenter cet article
15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 03:13

Il pleut, il pleut et il fait chaud; bizarre, bizarre, on croirait un temps de typhon de fin d'été. Ça me coupe l' envie de sortir pour aller voir l' exposition au centre-ville d'un peintre contemporain japonais, mais ce n'est que partie remise. Par contre, pour le festival de Nagoya qui a lieu ce week-end, ses défilés de chars fleuris et surtout de personnages historiques retraçant l'histoire de la ville, ce temps est une mauvaise nouvelle.

ena-suya.jpg

Rester à l'abri avec un bon thé parfumé...et voilà que justement le postier m'a apporté un petit cadeau; des kuri-kin-ton, venant d'un magasin réputé de la ville de Ena, à Gifu, ENA SUYA (regardez leur site et vous verrez qu'ils ont beaucoup d'imagination pour créer de savoureuses concoctions à base de châtaignes et beaucoup d'autres choses).

suya-kurikinton-2.jpg

Comment déguster les châtaignes de saison???? en confiserie fondante, bien sûr!

suya-kurikinton.jpg

Repost 0
Published by Baiya - dans Cuisine
commenter cet article
9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 11:06

Je suis complètement accro à ce petit livre:

 

amineko.jpg

Mais ils partent presque plus vite que je n'ai le temps de les réaliser....

repos.jpg

chats-au-jardin.jpg

chats.jpg

chats-au-jardin-3.jpg

Repost 0
17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 06:13

Est-ce que ma gourmandise va me donner le courage de peler ces jolies châtaignes et de risquer de me couper 2 ou 3 doigts???? je voudrais faire du kuri-gohan avec cette récolte toute fraiche.

 

chataignes-2011.JPG

chataignes-2011-2.jpg

Repost 0
11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 12:13

Seto....la poterie est partout dans la ville. Hier, pour le festival, le centre ville était fermé à la circulation et le parking sur lequel j'avais garé ma voiture se situait tout en haut de la colline derrière la gare. En descendant le long des vieilles ruelles....

seto-machi.JPG

seto-machi-2.jpg

fleur-rose.jpg

dragon.jpg

A l'occasion du festival du week-end, on pouvait faire des rencontres rigolotes le long des rues interdites à la circulation:

seto-machi-circulation

Pour ravir les badaux, bien sûr, plein de petites échoppes pour manger, boire et une belle animation: tous les âges sont représentés!

troupe-cheerleader.jpg

troupe-femmes.jpg

troupe-folkdance

  Malgré la chaleur, l'énergie des groupes était communicative!

Une petite troupe venue de Arimatsu, dans le sud de Nagoya;

troupe-drapeau-4.jpg

troupe-drapeau-5.jpg

troupe-drapeau-2.jpg

troupe-drapeau-7.jpg

On attend son tour patiemment:

troupe-maneki-neko.jpg

troupe-jeunes-4.jpg

troupe-jeunes-3.jpg

Un groupe de Seto, très important en nombre, a fait une danse endiablée à l'effigie du maneki-neko, un des symboles de la ville:

troupe-maneki-neko-4.jpg

troupe-maneki-neko-5.jpg

troupe-maneki-neko-7.jpg

troupe-maneki-neko-10.jpg

 

troupe-maneki-neko-9-2.jpg

troupe-maneki-neko-11.jpg

troupe-maneki-neko-6.jpg

Un des clous du spectacle était certainement ces jeunes dont la chorégraphie avait eu la troisième place à  Do-man-naka-matsuri, la grande manifestation de danse fin août à Nagoya:

troupe-jeunes-5.jpg

troupe-jeunes-6.jpg

troupe-jeunes-7.jpg

troupe-jeunes-8.jpg

troupe-jeunes-9.jpg

troupe-jeunes-10.jpg

troupe-jeunes-12.jpg

troupe-jeunes-11.jpg

Repost 0
Published by Baiya - dans Escapades
commenter cet article
11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 11:00

Il y a plusieurs rendez-vous importants pour les passionnés de poterie au Japon et beaucoup de festivals ou salons locaux.

Dimanche à Seto j'ai craqué pour des créations de jeunes artistes.

Un tout petit soliflore, oeuvre d'un jeune homme qui a son atelier à Seto:

petit-soliflore-blanc

Une charmante jeune femme était venue de l'île d'Awaji:

chawan-brun-vert.jpg

chawan-awaji-ext.jpg

chawan-awaji-int.jpg

ramequin-bleu-2.jpg

ramequin-bleu.JPG

J'ai terminé mes emplettes sur le stand d'un couple venu de la préfecture d'Ibaragi où ils ont leur atelier mais la jeune femme est originaire de Seto:

tasse-fougere.JPG

Repost 0
Published by Baiya - dans Escapades
commenter cet article
11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 09:12

Le deuxième week-end de septembre a lieu chaque année ce festival de poterie dans la banlieue nord-est de Nagoya.

seto-machi-lanterne.jpg

Seto est une petite ville dans laquelle on a, depuis 2005 et l'exposition universelle,  effectué de nombreux travaux d'embellissement autour de la rivière qui la traverse.Elle a sa mascotte, Seto-chan...

seto-machi-setochan.jpg

Cette année quelle affluence!

affluence.jpg

On trouve encore des maisons un peu délabrées et  de vieilles boutiques dans le quartier central de la galerie marchande.

seto-machi-galerie.jpg

seto-machi-boutique.jpg

seto-machi-boutique-2.jpg

On se presse chez Kawamura-ya, renommé pour ses délicieux gâteaux fourrés à la pâte de haricots rouges.

manju.jpg

Le festival de poterie est l'occasion d'acheter de la vaisselle pas chère (mais pas forcément de qualité):

vaisselle.JPG

vaisselle-2.jpg

vaisselle-3.jpg

On vient bien sûr pour trouver des pièces dans le style local:

vaisselle-bleue.jpg

vaisselle-oribe.jpg

et aussi de rencontrer de vrais artistes locaux ou venus d'autres régions du Japon. D'ailleurs, et c'est mon péché mignon, j'ai craqué pour quelques petites pièces bien jolies.....à suivre!

Repost 0
Published by Baiya - dans Escapades
commenter cet article
9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 01:29

Hier je vous ai fait admirer des compositions très classiques;en voici quelques autres:

seika-6

seika-7.jpg

seika-8.jpg

seika-9.jpg

Mais l'école shôgetsudô koryû comme la plupart des arts traditionnels japonias est en évolution constante, basée sur la recherche d' équilibres innovants et aussi l'introduction régulière d'éléments végétaux nouveaux. Les installations de grande taille sont en général réalisées par 2 ou 3 personnes.

actuel-1.jpg

actuel-2.jpg

actuel-3-1.jpg

actuel-4.jpg

actuel-5.jpg

actuel-6.jpg

actuel-7.jpg

actuel-8.jpg

actuel-9.jpg

 

actuel-10.jpg

actuel-11.jpg

actuel-12.jpg

actuel-13.jpg

actuel-14.jpg

En l'honneur de l'équipe féminine de football qui a gagné la coupe du monde!

actuel-15.jpg

actuel-16.jpg

actuel-17.jpg

actuel-18.jpg

actuel-19.jpg

Ryûreika:

ryureika-1.jpg

ryureika-2.jpg

ryureika-3.jpg

 

Les installations ont changé aujourd'hui et seront renouvellées dimanche......très tentant d'y retourner!

Repost 0