Bonjour!

Bienvenue sur ce blogue dans lequel je vous propose des coups d'oeil éclectiques, au fil de mes humeurs et de mes occupations, des vignettes sur la société japonaise, une incitation au voyage virtuel, j'espère, mais aussi un outil d'adaptation pour ceux qui franchissent le pas et viennent nous retrouver ... à Nagoya!


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Dans les média

Mardi 11 septembre 2007

Le journal de la région, c'est le Chunichi Shimbun. C'est un journal qui n'est pas particulièrement orienté à droite ou à gauche, est évidemment très soucieux de présenter une bonne couverture des actualités locales, mais a en général une page internationale bien complète. Comme tous les journaux, il possède un tirage du matin et du soir. En première page le matin, côte à côte avec les nouvelles les plus importantes, on trouve souvent une photo en couleur, un clin d'eil à un événement saisonnier; festival, floraisons diverses, inaugurations importantes etc....

Aujourd'hui, il s'agissait des premières pommes Tsugaru qui vont pouvoir être récoltées dans la préfecture de Gifu. Il se trouve que le week-end dernier, j'ai pu en acheter à un prix record lors de notre virée dans la région de Kisofukushima, environ 50 yen pièce, comme les nashi d'ailleurs. Tous ceux qui vivent au Japon savent combien les fruits sont chers! Ce qui est toujours une source d'étonnement pour moi, c'est que l'on trouve toute l'année des pommes au même prix; il y a encore dans les supermarchés des pommes de l'an dernier (conservées au frais bien sûr) ... au prix de l'an dernier, c'est à dire entre 150 yen et 200 yen pièce! Et les quelques pommes nouvelles qui ont fait leur apparition au compte-gouttes dans des supermarchés un peu haut de gamme..eh bien, c'est du haut de gamme au niveau prix sinon au niveau du goût. Enfin, nous voilà en saison et peut-être que dans les magasins de gros on peut espérer trouver à se régaler sans trop grever notre budget.

 

 

 

Le Chunichi Shimbun aime beaucoup présenter des résultats de sondage d'opinion sur des sujets variés et aujourd'hui, dans le tirage du soir, actualité oblige, il s'agissait des risques d'attaques terroristes tels qu'ils sont perçus par les Japonais. Selon une étude effectuée entre mars et avril de cette année et portant sur 2500 réponses obtenues auprès de résidents et de responsables d'entreprises de Tokyo, 80% des réponses indiquent que les personnes ayant répondu pensent que le risque d'attaques terroristes sur la capitale existe, 30% l'estimant à un niveau plutôt élevé (27% des résidents et 34% des responsables d'entreprise ont fait cette réponse). Quand à envisager qu'une telle attaque pourrait les concerner directement, seuls 6% des résidents et 11% des cadres le pensent alors que respectivemnt 28% et 23% évaluent ce risque comme étant pratiquement nul.

Lorsqu'ils envisagent le type d'attaque terroriste susceptible de frapper la capitale, 80% des résidents et 87% des cadres citent une attaque à la bombe; 50%  des résidents et 58% des cadres  envisagent la possibilité d'une attaque biologique ou chimique; viennent ensuite des détournements de moyens de transport, des attaques de missiles, des prises d'otage....  

Les trains et les avions semblent présenter le plus de risques pour les personnes consultées. Au niveau des entreprises, selon les réponses, 42% disent avoir pris des mesures pour préparer leur pesonnel et 66% indiquent qu'elles ont recours à des caméras de surveillance.

Par Baiya
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Samedi 15 septembre 2007
On connaît la passion japonaise pour les peaux blanches et les teints clairs. Dans la véhiculation d'une image de qualité et d'élégante sophistication, voilà que depuis quelque temps, le noir est lui aussi en train de gagner de nouvelles lettres de noblesse. Dans des genres bien différents il y avait le porc noir de Kagoshima (kuro-buta) renommé pour son excellente viande; le centre-ville historique reconstitué de la charmante ville du bord du lac Biwa, Nagahama, avec ses boutiques d'artisans du verre et ses restaurants aux murs noirs (kuro-kabe); les uniformes scolaires des garçons, au sévère style militaire;  le sésame noir,  un ingrédient incontournable dans la cuisine et surtout la confiserie. 

Mais le noir se renouvelle et justement en commença hatsubashi-noir.jpg nt par la confiserie!   

Voici la fameuse confiserie de Kyoto, le yatsuhashi, qui prend de nouvelles teintes et un goût absolument   délicieux au sésame noir.  









A la gare de Tokyo, le distributeur de souvenirs KIOSK adopte un noir chic, qui correspond à la nouvelle variété de tokyo-banana.jpg Tokyo Banana, la génoise en forme de banane, fourrée à la crème pâtissière parfumée avec ce fruit. 
  banana-noir.jpg La voilà dans une version dont la génoise est chocolatée!

pq-noir.jpg Et le noir envahit aussi nos intérieurs et notre vie quotidienne, appareils électro-ménagers noirs, papier toilette (fabriqué par une entreprise portugaise RENOVA)  ou coton-tiges noirs, le choix est vaste. .... coton-tige.jpg

Comme l'explique Kazuyuki NATORI, un chercheur spécialiste de ce domaine,  dans le supplément du week-end du journal Nikkei Shimbun (15 septembre 2007), le noir depuis toujours véhicule aussi bien des images positives que négatives, mais la multiplication récente de l'usage de cette couleur dans des domaines qui touchent à la vie quotidienne montre qu'on lui associe une image rassurante, qui attire la curiosité, crée de nouvelles senstions et renouvelle l'intérêt des consommateurs pour des objets qui, en soit, ne sont pas nouveaux. Une maneuvre commerciale en partie, certes, mais ... avec notre complicité! le  noir est excitant......
Par Baiya
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Mercredi 26 septembre 2007
La préfecture d'Aichi avait choisi M. Aso. La chambre haute du Parlement lui avait préféré M. Ozawa.... mais M. Fukuda est désormais Premier Ministre du Japon; pour les pays environnants, c'est une bonne nouvelle. En matière de pratiques politiques, on ne peut pas dire que s'annonce une ère nouvelle mais plutôt un renforcement des cuisines de factions, déjà critiqué d'ailleurs par certains jeunes membres du parti au pouvoir.
Ce matin, donc, en première page de tous les journaux, un tableau présentant les membres du gouvernement. Pas de nomination "surprise" (prononcé à l'anglaise dans les journaux télévisés d'hier soir).  Parmi les 18 photos, seuls deux visages féminins placés en bas du tableau après tous ces messieurs: une femme pour lutter contre la baisse de la natalité (on dirait "la famille" en France, mais au Japon le titre de ce ministère est limité à ce problème) et une autre à la politique économique et fiscale. La première est diplômée de Harvard, la seconde de Hitotsubashi. 
Car c'est cela qui m'a intéressée dans le tableau:
au dessous de la position occupée (avec à droite l'indication de reconduction ou non), on trouve une photo de l'élu(e), puis les renseignements suivants:
-nom, prénom, âge
-appartenance politique (c'est un gouvernement de coalition)
-détails des fonctions
-diplôme universitaire (en fait le nom de l'université d'où la personne est sortie)
-résumé chiffré de la carrière d'élu
-préfecture d'origine
-appartenance à une faction au sein du parti (12 personnes sur 18, 6 noms de factions, certains membres n'appartenant officiellement à aucune faction)

Ces deux informations (indiquées en caractères gras plus haut) sont un résumé du fonctionnement de la société japonaise. 
M. Fukuda est sorti de l'université de Waseda et au sein de son gouvernement, on trouve 4 autres personnes ayant fait leurs études dans cette université (donc 5 sur 18), 5 personnes sorties de l'université de Tokyo et 2 de Keio, le reste d'origines variées.
Par Baiya
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Samedi 29 septembre 2007
 Cha-patsu est un terme qui, pour des Japonais un peu âgés ou traditionnels, peut revêtir une connotation péjorative mais qui fait d'abord référence à la couleur châtain ou brun (autrement dit "thé", le jugement péjoratif s'opérant pleinement  quand on atteint des teintes péroxydées) que de nombreux Japonais, sinon la majorité, affectionne.... NON, que dis-je? affectionnaient! 
Nous serions entrés dans l'ère du "post-chapatsu" d'après mon supplément favori du samedi 22 septembre au journal Nihon-Keizai-Shimbun.

A  y  bien réfléchir, c'est vrai que l'on voit de plus en plus de chevelures au noir originel sinon brun foncé. La coloration avait été recherchée pour briser l'effet de lourdeur que donne des cheveux raides, longs et noirs et dans les années 1990 on pouvait affirmer que 90% des Japonais avaient les cheveux teints. Les spécialistes définissent la vague de la mode des cheveux teints par cette phrase: "elle a démarré au bleu  et s'est arrêtée au rouge" , faisant référence au choix proposé dans les nuanciers des coloristes. 
Le désir de remédier à l'effet "casque" est toujours de mise, mais maintenant la tendance, c'est la permanente. Pour soutenir ce mouvement, des techniques de plus en plus performantes ont vu le jour, la ligne directrice étant d'abîmer le moins possible le cheveu et de faire tenir les ondulations plus longtemps.  Actuellement celle qui a le vent en poupe, c'est la "digital-perm"  qui est basée sur l'ancienne technique de la permanente à froid mais qui a une durée de vie une fois et demie plus longue que son ancêtre tout en étant bien plus facile à entretenir car on peut reconstituer les boucle facilement en les coiffant aux doigts. 
Dans cet ebichan.jpg amour renouvelé pour un cheveu qui adopte des formes souples (YURU) et douces (FUWA) on peut déceler l'influence d'une mode née à Nagoya et rendue populaire par le célèbre mannequin 
Yuri Ebihara ( Ebi-chan) , celle du Nagoya-maki. 

Cette coiffure qui se compose de grosses boucles encadrant le visage pour tomber joliment sur la poitrine est particulièrement populaire parmi les jeunes étudiantes de la ville qui a accueilli l'exposition universelle en 2005, événement grâce auquel de nombreuses modes régionales ont acquis une renommée nationale.

C'est d'ailleurs ainsi que se conclut l'article du Nihon Keizai: les coiffures sont un reflet de la civilisation....

 Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le japonais, le bleu (en fait, vert) est avec le rouge et le jaune, une des couleurs des feux de signalisation
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Par Baiya
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Mardi 16 octobre 2007
A plus d'un mois de  la journée mondiale contre le SIDA, l'article a attiré mon attention. Ce n'est pas souvent que l'on aborde le sujet dans les média pour une raison évidente:   fin 2004, les chiffres officiels étaient les suivants:
red-ribbon.jpg 6 560 séropositifs (Japonais: 4673, dont 4170 hommes;  Autres nationalités: 1 887, dont  1 165 femmes),        3 277 personnes atteintes du SIDA (Japonais: 2 486, dont 2 298 hommes; Autres nationalités: 791, dont 533 hommes). Plus de la moitié des personnes touchées par le virus sont des hommes ayant eu des relations homosexuelles et moins d'un quart du total (environ 21%) sont des femmes.

Depuis, on a recensé plus de 1000 nouveaux cas (VIH et SIDA confondus) par an et une autre alarmante nouvelle est le sujet de l'article du Chunichi du 14 octobre, à savoir que les cas de primo-détection au niveau de la maladie déjà déclarée (on appelle cela "ikinari - aids"  いきなり エイズ, "ikinari" en japonais veut dire "soudain") sont en augmentation.  En 2006, on a enregistré 952 nouveaux cas de personnes séropositives et 406 nouveaux cas de SIDA, ce dernier chiffre accusant une augmentation de 159 personnes par rapport à l'année précédente. 
De plus, les organisations de prévention de la maladie sont particulièrement concernées par les résultats d'une étude qui montre que le nombre de personnes, chez qui le premier examen détecte non la séropositivité mais directement la maladie déclarée, est plus élevé dans les régions périphériques des grands centres urbains, plutôt que dans ces centres eux-mêmes. Cela laisserait à penser qu'il y a des lacunes au niveau du système d'information et de prévention dans ces municipalités périphériques. Par exemple, dans Nagoya intro-muros le nombre de nouveaux cas de SIDA constitue 22,6% du total des personnes touchées alors que ce pourcentage monte à 42,3% en dehors de l'agglomération. 
En consultant  
ce site qui répertorie tous les centres japonais de prévention VIH - SIDA, on comprend un peu pourquoi puisque, si la municipalité de Nagoya propose dans chaque arrondissement un dispensaire municipal  habilité à réaliser l'examen (et cela GRATUITEMENT et ANONYMEMENT) puis à conseiller les éventuels patients, ces centres sont beaucoup moins nombreux dès que l'on sort de Nagoya; il y en a un seulement par municipalité
A Nagoya, il y a deux centres qui sont ouverts la nuit pour réaliser les tests, deux qui sont ouverts les week-ends et plusieurs proposent des services de traduction au moins en anglais, pour les étrangers. Rappelons qu'au Japon il n'y a aucune obligation légale (le test peut être réalisé anonymement) pour la personne diagnostiquée comme étant séropositive ou ayant contacté la maladie de se faire soigner, d'en informer ses partenaires etc... le dispensaire municipal propose aux personnes concernées une liste de centres de soins ou de médecins traitants à titre consultatif. 
Le gouvernement s'est fixé comme but de faire reculer de 25% par rapport aux chiffres de 2005 le nombre de nouveaux cas détectés directement au niveau SIDA.
Par Baiya
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