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De passage...

Bonjour!

Bienvenue sur ce blogue dans lequel je vous propose des coups d'oeil éclectiques, au fil de mes humeurs et de mes occupations, des vignettes sur la société japonaise, une incitation au voyage virtuel, j'espère, mais aussi un outil d'adaptation pour ceux qui franchissent le pas et viennent nous retrouver ... à Nagoya!

 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 00:43

On sait la difficulté qu'a le Japon (enfin surtout ses dirigeants) pour faire face à son passé, en particulier en ce qui concerne les exactions opérées contres les populations civiles dans les territoires occupés par l'armée nippone....massacre de Nanjing, femmes de réconfort etc...

Les manuels d'histoire sont un terrain miné sur lequel se sont affrontées et s'affrontent encore les diverses sensibilités. Le maire actuel de Nagoya, Takashi KAWAMURA (Parti Démocrate), a causé la stupéfaction quand il a affirmé ce 27 février qu'il avait des doutes concernant la véracité des massacres de Nanjing.... et cela ne concerne pas seulement des événements situés 'hors du Japon', puisque à de nombreuses reprises des délégations d'Okinawa ont dû se plaindre de la manière dont a été passé sous silence dans les manuels d'histoire le rôle de l'armée impériale dans les suicides collectifs des insulaires. Ne parlons pas des disputes territoriales entre le Japon et certains de ses voisins...

 

Et voilà que surgit la question de l'inscription dans les textes de la tragédie du 11 mars 2011 et de ses conséquences.

En effet on a mis fin à l'expérience désastreuse du yutori-kyôiku (littéralement 'éducation avec une certaine latitude') qui s'était traduite par un allègement substantiel des contenus et des emplois du temps.

Tour à tour, de nouveaux contenus pour les différents niveaux du système scolaire ont été soumis aux contrôles des commissions dédiées du Ministère de l'éducation. Cette année, c'était le tour des manuels de lycée qui seront utilisés à partir de l'année scolaire 2013-2014.

La question est d'autant plus complexe que les sujets du grand tremblement de terre et du nucléaire peuvent être traités dans différentes matières du programme.

 

Les manuels ont été envoyés aux commissions en mai et juin dernier, c'est à dire très peu de temps après le séisme qui est mentionné dans 53 ouvrages, soit 24% du total des livres. Cela ne veut pas dire que les éditeurs ne vont pas ajouter les informations nécessaires bien sûr. Certains s'y sont engagés; d'autres ont déjà dit qu'ils ne voulaient pas inclure de documents ou textes dont les affirmations ne sont pas encore validées ou qui risquent de heurter les sensibilités des populations directement touchées par les désastres.

Mais la commission n'a pas émis de réserves sur les contenus actuels touchant au 11 mars 2011.

Il faut dire que sur les 53 écrits dans lesquels on parle du séisme, 16 seulement évoquent la crise nucléaire qui a suivi. Un manuel de géographie dit ouvertement que la crise nucléaire questionne la sécurité du système énergétique japonais. Un manuel d'économie ménagère envisage la question de la sécurité alimentaire. Un ouvrage de sociologie contemporaine s'interroge sur l'importance de l'énergie nucléaire dans les styles de vie actuels au Japon. En physique, un éditeur propose un manuel qui parle des dangers de la dispersion radioactive, mais selon un enseignant, le contenu n'est pas suffisamment développé.

textbook-1.jpg

Le ministère avait demandé aux éditeurs, pour la géographie A, de traiter le problème des désastres naturels en incluant des cartes de régions à risques et d'envisager les moyens de se préparer à affronter ces dangers.

On peut penser que si certains ajouts seront faits, ce sera dans ce domaine purement factuel. Par contre, il est fort à parier que la réflexion sur la crise nucléaire ne sera pas encouragée.

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Published by Baiya - dans Education
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commentaires

catherine 08/04/2012 19:44


l'enseignement de l'histoire est en train de "redevenir" un enjeu politique.


constat désatreux pour le nouveau programme de première


il faut étudier la déportation (en soulignant les cas des juifs et des tsiganes) puis dans un autre chapitre (3 mois après) il s'agit d'étudier la résistance; il en résulte que l'extermination
est comparable pour les deux groupes de population précitées (le nombre n'a plus d'importance!) et que les élèves oublient (ou ignorent) la déportation de très nombreux résistants français.


en morcellant ainsi la mémoire on fabrique l'ignorance


et toute une population capable d'écouter n'importe quel démagogue

Mab 30/03/2012 09:13


Très intéressant, même si ça pose quand même vachement question...Les élèves et leurs parents ont-ils conscience de la situation ? Y a-t-il des enseignants qui se révoltent contre cela et qui
essaient d'apporter des informations de manière informelle ?


En France nous avons eu une polémique en septembre dernier, autour des livres de sciences nat' des élèves de terminales L et ES...car ils abordaient timidement la notion de genre comme
construction sociale, et le fait l'homosexualité n'était pas une maladie mais une orientation comme une autre et relevant de la stricte vie privée ;P Ca a fait un de ces tollés...entre l'Eglise
et les députés qui se sont mis à hurler comme des putois en affirmant des trucs faux (car en plus, ils n'avaient soit rien compris à la question, soit tout interprété de travers) Enfin bon au
moins ça aura quand même eu le mérite de lancer (timidement) le débat !

Baiya 30/03/2012 09:37



Oui, j'ai suivi ces discussions sur les contenus des programmes en france; très intéressant.On se rend compte que les mentalités sont très en avance de ce
que le système est prêt à valider.


Pour répondre à ta question, j'imagine que certains parents parlent peut-être avec leurs enfants, mais j'ai des doutes (les gens travaillent tellement et ne
sont pas habitués à mettre en cause les autorités). Après, comme le lycée ça ne fait plus partie de l'instruction obligatoire, les établissements peuvent choisir leurs manuels en fonction de
contenus qui correspondent à leur ligne éducatrice. Dans le lycée de ma fille, ils choisissaient des manuels d'histoire dans lesquels la question des massacres de Nanjing était présentée
objectivement et en détails.