Bonjour!

Bienvenue sur ce blogue dans lequel je vous propose des coups d'oeil éclectiques, au fil de mes humeurs et de mes occupations, des vignettes sur la société japonaise, une incitation au voyage virtuel, j'espère, mais aussi un outil d'adaptation pour ceux qui franchissent le pas et viennent nous retrouver ... à Nagoya!

 

 

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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 03:16
Ceux qui me connaissent le savent: je suis fascinée par les innovations linguistiques en japonais et je vais en profiter pour vous parler de deux termes servant à désigner deux catégories de garçons au Japon.

Le premier, 'les hommes qui mangent de l'herbe' ou 'sô-shoku-danshi' (草食男子) n'est pas récent; inventé en 2006 par la journaliste Maki FUKASAWA et complètement rentré dans le vocabulaire courant, il désigne une catégorie d'hommes jeunes, la trentaine, travaillant mais qui ne font pas montre des mêmes ambitions sociales que leurs aînés en particulier en ce qui concerne le sexe et l'amour.

D'après l'analyse de Fukusawa il y avait jusqu'à récemment deux catégories d'hommes; ceux qui allaient de l'avant et réussissaient dans les domaines sexuels et amoureux et ..... ceux qui n'avaient pas de succès.
Mais les 'sô-shoku-danshi' ne sont pas des hommes qui n'attirent pas les femmes; au contraire. Tout simplement....ils ne 'concrétisent' pas!
Ils ont des amies ....mais pas de relations sexuelles avec. Ils sont capables de terminer une soirée en amoureux au lit, mais sans rien de plus.  Et pire (pour leurs aînés, incrédules!): ils ne semblent pas en souffrir. D'ici à dire qu'ils manquent d'ambitions, il n'y a qu'un pas.

En 1987, 32% des femmes célibataires entre 20 et 25 ans avaient eu des realtions sexuelles, contre 53% des hommes du même âge. En  2005 ces chiffres étaients respectivement, 54% pour les filles et 58 % pour les garçons.

Les 'sô-shoku-danshi' ont face à eux les 'femmes qui mangent de la viande' ou 'niku-shoku-joshi'  (肉食女子) qui, maintenant sont capable de prendre les initiatives, travaillent, ont des relations sexuelles sans vues de mariage et mettent la barre très haut pour leurs partenaires au niveau financier.

On a parlé des herbivores et des carnivores dans le Monde (merci Matthieu) et dans le Figaro.


Petite mise en contexte pour vous parler maintenant d'une appellation plus récente:
Mercredi dernier sur la
chaîne de télévision CBC, il y a eu un reportage sur les 'Ladies-danshi' ('danshi' voulant dire 'garçon' en japonais: レディース男子 ).
Qu'est-ce qu'un Ladies-danshi?
un garçon qui aime mettre des vêtements et des accessoires de fille. ATTENTION, cela n'a rien à voir avec des préférences sexuelles, comme voulait le croire, un peu trop vite, un de mes étudiants à qui j'ai proposé de réfléchir à une traduction.....'un homo????' a été immédiatement son raccourci.

NON!!!! les ladies-danshi, souvent des étudiants d'écoles de
mode, en tout cas ceux qui étaient présentés dans le programme, essaient de ne pas se confiner aux conservatismes existant en matière de mode et de pousser plus loin les frontières.

Mais, on connaît cela depuis longtemps allez-vous me dire; Jean-Paul Gaultier et d'autres ont lancé la jupe pour homme il y a belle lurette et même au Japon on a déjà vu des intrusions de ce vêtement dans la mode masculine.

Mais il ne s'agit pas non plus exclusivement de jupes et de robes. C'est un peu plus subtil. Ce ne
sont pas des vêtements de femmes relookés ou remodelés pour des corps d'homme. Le ladies-danshi se fournit directement dans les magasins pour femmes parcequ'il y trouve des vêtements qui sont plus à sa taille, qui le mettent plus en valeur, tout simplement parcequ'il les trouve plus élégants;il n'hésite pas à emprunter les vêtements de sa petite amie.
Si vous voulez vous faire une idée allez explorer le quartier de entre
Sakae et Osu, entre PARCO et NADIA PARC. Une des boutiques phares s'appelle 'Baby Faline'  et se trouve ICI.

Ce qui est intéressant dans ces démarches de 'labellisation' forcenée c'est bien sûr la capacité à inventer de nouveau termes et à les rendre populaires; mais en allant plus loin, on se rend compte combien la société japonaise, si elle n'est pas opposée à l'innovation et au changement des moeurs et des pratiques culturelles, ressent toujours le besoin de tout cadrer et contrôler.
Car il ne faut pas s'imaginer que le fait d'avoir une existence linguistique rende le changement accepté ou même connu. Non: dès sa naissance la terminologie est un carcan peu évolutif qui est très utile pour créer de nouvelles petites cases sécuritaires dont on ne sort pas facilement sauf à se muer en une autre entité sous une autre appellation. Fascinant mais un peu angoissant.
Par Baiya - Publié dans : Mode - Communauté : Tout sur le Japon
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