Bonjour!

Bienvenue sur ce blogue dans lequel je vous propose des coups d'oeil éclectiques, au fil de mes humeurs et de mes occupations, des vignettes sur la société japonaise, une incitation au voyage virtuel, j'espère, mais aussi un outil d'adaptation pour ceux qui franchissent le pas et viennent nous retrouver ... à Nagoya!


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Samedi 13 juin 2009
J'étais partie de matin vers le 'Grand' potager en concoctant un petit billet dans ma tête un peu nébuleuse.

Je voulais vous parler de ces 'points écolo' que nous pouvons accumuler depuis le 15 mai comme un petit pécule de citoyen méritant et que nous pourrons échanger à partir du premier juillet contre des produits régionaux, des articles respectueux de l'environnement ou des coupons d'achats.
Concocté par le ministère de l'environnement le système devait, de mai 2009 à fin mars 2010, encourager le public à acheter de nouveaux réfrigérateurs, télévisions numériques et climatiseurs portant un label de qualité environnementale décerné par ce même ministère (4 étoiles ou plus). En fonction de la puissance ou de la taille de l'appareil, le nombre de points à engranger varie: de 6 à 9000 pour un climatiseur, de 3 à 10 000 pour un réfrigérateur, de 7 à 36 000 pour une télévision..... 3000 points pour l'éco-participation qui permet de se débrasser d'un appareil usagé.
Même les Japonais, pourtant friands de cartes de fidélité en tous genres et de campagens permettant de ganger des produits publicitaires gratuits, ne comprennent pas grand chose à ce système. On sait en outre que certains fabricants de ces produits ont déjà été épinglé pour évaluation mensongère.....pas de quoi donner ce petit coupe de pouce qui permettrait de délier les cordons de bourses amaigries par la crise.
Et encore, on n'avait pas encore vu les formulaires d'échange de ces points: non seulement il faut en remplir deux pages, mais il faut y joindre une photocopie de la garantie de l'appareil ainsi que du ticket de caisse; dans le cas où on s'est débarassé en plus d'un vieil appareil, il faudra également  joindre le reçu attestant que l'on a bien payé l'éco-participation.

Bref, je ruminais des envies d'aller grossir les rangs des adeptes de la décroissance quand j'arrivai au Grand Potager.
Mon nouveau voisin de travaux de la terre et sa femme, un couple âgé, étaient déjà là et comme ils me disaient bonjour je m'approchais de l'endroit où nos territoires se touchent.
Dans le Grand Potager, il n'y a pas de point d'eau, donc nous avons creusé de petites mares, mais comme le frère aîné de mon voisin est un spécialiste du creusage des puits, je lui avais demandé si on ne pouvait pas en creuser un que nous aurions partagé.
Dans cette région de Owari-Asahi, le sol est comme un gruyère, dont les trous seraient occupés par des poches de tourbe et d'ailleurs, pendant la seconde guerre mondiale, il a été amplement fouillé car les gens n'avaient rien pour se chauffer; des actions qui ont de graves conséquences maintenant puisque régulièrement des maisons s'effondrent lorsqu'une poche vide éclate.
-"Un puits dans le Grand Potager, compte tenu de l'état des sols et de la profondeur à laquelle il aurait fallu forer, n'est pas une bonne affaire d'après le frère aîné...
"Mais qu'à cela ne tienne, je vais vous apporter un bateau" me dit le voisin,
 "Je le mettrai entre nos deux potagers et quand il sera rempli (par l'eau de pluie....????? ) vous pourrez même y mettre des poissons rouges (nous avons des poissons rouges dans les mares...)!"

-"Bonne idée!" ai-je répondu;
mais je n'étais pas vraiment concentrée sur ce qu'il me disait car il se dégageait une bien étrange odeur de l'endroit où il se trouvait.. .... une odeur vraiment pestilentielle mais dont je me refusais à croire qu'elle venait de sa personne....
Je levais la tête pour observer s'il avait planté les patates douces dont il m'avait parlé quelque temps auparavant et je remarquais un épandage brunâtre sur une quarantaine de mètres carrés, superficie qu'il devait recouvrir d'une bâche bleue quelques minutes plus tard après m'avoir expliqué avec quoi il engraissait son champ:


Plus écolo, tu meurs! certaines ont l'air d'apprécier: et apparemment, c'est un copain à lui qui lui fournit le nattô gratis.
Par Baiya - Publié dans : Dans les média - Communauté : Tout sur le Japon
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