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De passage...

Bonjour!

Bienvenue sur ce blogue dans lequel je vous propose des coups d'oeil éclectiques, au fil de mes humeurs et de mes occupations, des vignettes sur la société japonaise, une incitation au voyage virtuel, j'espère, mais aussi un outil d'adaptation pour ceux qui franchissent le pas et viennent nous retrouver ... à Nagoya!

 

 

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 15:47
Ce pourrait être une nouvelle incantation, un hyper-concentré qui aurait oublié de grandir mais qui aurait des vertus protectrices sur le discours de celui qui l'emploie.

L'évolution de la langue française n'aura jamais paru plus évidente qu'à ceux qui ont pris le temps d'écouter l'interview d'un de ceux qui est censé en être un de ses plus éminents utilisateurs.

Jeudi 24 donc, Nicolas Sarkozy reconnaissait un certains nombre d'erreurs commises lors de la prise de décisions récentes et on pouvait remarquer que c'est un homme fermement ancré dans un présent élastique à souhait (cela explique sans doute beaucoup de choses...):  'depuis que je suis élu Président de la République' a martelé à de nombreuses reprises cet adepte du 'y'a ' .

Du 'Y'a 50 ans....' , 'Y'avait des pays en première division....'  à 'je n'dis pas qu'y a pas.....' ou 'Y s'trouve.....',
il y a des  sons qui ont très distinctement (sic) la préférence de M. Sarkozy, et d'autres, un peu comme 'ces malheureux', les sans-papiers, qui n'ont pas vraiment droit de cité : je veux parler des terminaisons de  certains participes passés. Un petit florilège (nullement exhaustif ):
'
30 personnes [pri] en otage......'
'la réforme qu'on a [mi] en oeuvre.....'
'dont la France  s'est [construi].....'
'une stratégie [décri] par Monsieur.....'
 
Prémonitoire de futures coupes sombres dans des domaines divers, ce problème serait-il lié à une amnésie volontaire ou à certaines carences au niveau des connaissances de base,  comme dans le cas de celle qu'il a manifestée, et malheureusement sans être corrigé, entre naturalisation et régularisation de ces mêmes sans-papiers?????????

En tout cas, j'avais l'impression d'entendre un de nos autres représentants qui fait beaucoup parler de lui en ce moment, Robert Ménard !

Voilà qui va grandement rassurer nos étudiants que l'on torture avec des questions auxquelles de moins en moins de nos 'grands' hommes semblent pouvoir répondre.
 

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commentaires

bcg 28/04/2008 00:23

Bonjour,Oui, Chère Baiya, le mot-clé dans ta réponse est "tolérance". Un peu plus de tolérance à l'écrit ne serait pas un mal. Qu'est-ce qu'on passe comme temps à pinailler sur des accords de participe passé (ce n'est qu'un exemple). Dont on n'a rien à foutre, soit dit en passant. Ça n'apporte franchement rien à personne, à part à ceux qui peuvent en faire un instrument de pouvoir (pourquoi?).Quant à "contrôler l'évolution de la langue" je crains que ce ne soit une pure chimère.J'adore l'italien. Quand je vois sa graphie, mise en relation avec le fait que c'est une langue qui descend en ligne droite du latin, je me dis que les Italiens sont plus intelligents et pragmatiques que les Français car ils ont réussi leur réforme de l'orthographe (quel mot!) il y a bien longtemps.

bcg 27/04/2008 02:38

Bonjour,Hum... la langue évolue, a évolué, et évoluera (cf le latin).Je me souviens d'avoir assisté à une présentation des évolutions de la langue française au cours des 30 dernières années par un professeur de linguistique en 1995, à Osaka. Il y parlait déjà des expressions (et phénomènes de prononciation) qu'on reproche à Sarkozy d'utiliser aujourd'hui et s'interrogeait sur les décalages entre le français parlé à l'époque et l'enseignement de l'oral.Nombreux sont les professeurs qui refusent de prendre en compte dans l'apprentissage de la langue parlée des expressions pourtant bien implantées. Par, ex., les étudiants qui ont bien appris et pratiqué le "ne... pas" sont désorientés lors d'un séjour en France. On ferait mieux de leur enseigner à bien savoir dire "pad" (pas de)... (Ce qui n'exclue pas, bien entendu, de leur apprendre à distinguer les niveaux de langue et les différences oral-écrit)J'ajoute que le contraste nous paraît d'autant plus grand que le précédent président était quelqu'un qui articulait de manière exagérée. On l'a assez caricaturé pour ça!Bref, fait-on un procès au président de la république ou à la langue française et à son évolution, surtout à l'oral?Moi, la manière de parler de Sarkozy ne me dérange absolument pas! Au contraire! :D :D

Baiya :0091: 27/04/2008 08:44


La langue évolue, bien sûr.... le "y'a", le "pad" etc... sont des faits de langue orale que l'on ne peut ignorer et il faut les enseigner je pense.

La question qu'il faut après se poser, c'est dans quelle mesure cette langue orale est l'expression d'un décalage voulu oral-écrit (auquel cas je ne
vois aucun problème, la liberté maîtrisée est pour moi un idéal auquel il faut tendre dans tous les domaines), ou si elle est la manifestation d'une langue (écrite et orale) non-maitrisée; c'est dans cette dernière éventualité que s'inscrit, je crois, l'usage erroné de l'accord du participe passé par M. Sarkozy et de
nombreux journalistes etc... que l'on entend à la radio (ma source d'info...). On dit beaucoup que M. Sarkozy est un communicateur hors-pair mais  sa technique est entièrement basée sur la
mise à niveau de son vocabulaire et de sa rhétorique avec ce qu'il considère comme étant compréhensible du plus grand nombre; on peut donc penser que si ce maniement erroné de la langue française
(les participes passés...entre autres) est voulu, il considère que les gens qui l'écoutent sont incultes et ignorants, ce que je trouve
légèrement insultant. On peut employer un vocabulaire fourni et des tournures élégantes sans pour autant être ennuyeux et hermétique.

Pour revenir au fait que la langue change et en particulier que l'écart grandit entre langue orale et langue écrite,  il me semble, BCG,  que tu es plutôt dans d'autres lieux
assez exigeant sur le sujet de la correction au niveau de l'écrit, un écrit qui nie justement tous ces changements évidents à l'oral.  Or, si on accepte de reconnaître à la langue
orale un vrai statut , il faudra que la langue écrite puisse en être un reflet fidèle, d'où la nécessité de réformes radicales du français. Personnellement je suis pour ce genre de
réforme, mais j'y vois une grosse difficulté: celle de la nécessité d'oublier à jamais que l'on puisse contrôler l'évolution de la langue. Il faudra être prêt à une tolérance toujours plus grande
vis à vis des 'écarts' (orthographe et styles de langue très 'personnels'), car les changements iront toujours plus vite que leur installation dans la mémoire et l'usage collectifs.


lawren00 26/04/2008 03:02

Ca n'a rien à voir mais il me semble que tu n'as pas de lien direct pour revenir sur la page d'accueil. Ce n'est pas pratique quand on a une ou deux lecture + commentaire de retard. Peut-être le titre de ton blog en lien vers l'accueil de ton blog le rendrait plus pratique ? (^^)

Baiya :0091: 26/04/2008 03:12


Merci Lawren! Ça fait quelque temps que j'ai remarqué ce détail...et évidemment rien fait pour y remédier. Je vais voir ça aujourd'hui.


Laurent 26/04/2008 00:15

c'est jsute un style à mon avis. Mais ça en dit long sur une certaine mentalité soi-disant moderne...En tous cas c'est clair qu'il vaut mieux censurer cette interview aux étudiants de français japonais qui pourraient être tentés de se révolter qprès tout ce qui leur est demandé...

Fabrice 25/04/2008 16:48

Jean Véronis, un linguiste d'Aix-en-Provence s'est livré à des études très intéressantes sur le langage des hommes et femmes politiques, et en particulier le Président. Voici le lien vers son site. Les archives sont volumineuses et donc longues à explorer, mais ça vaut le coup.

Baiya 25/04/2008 16:59


Merci Fabrice! le martélement d'un vocabulaire volontairement réduit participe certainement d'une entreprise de communication pure, les fautes de langue, je
l'espère, non...ou alors on peut se laisser aller à des hypothèses aux implications désagréables (est-ce lui qui parle ou est-il censé faire parler la représentation d'un citoyen
arbitrairement  privé, et par qui, dans quel but..., du droit à la maitrise correcte de sa langue?)