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De passage...

Bonjour!

Bienvenue sur ce blogue dans lequel je vous propose des coups d'oeil éclectiques, au fil de mes humeurs et de mes occupations, des vignettes sur la société japonaise, une incitation au voyage virtuel, j'espère, mais aussi un outil d'adaptation pour ceux qui franchissent le pas et viennent nous retrouver ... à Nagoya!

 

 

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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 23:47

DV

Vous devez vous dire que mes doigts ont sauté et oublié d'ajouter un D au titre....!
Non, c'est une remarque de
Mimi et le coup d'oeil sur la première page du Chunichi qui sont la source du billet d'aujourd'hui. 

En effet on a publié les derniers chiffres recensés concernant les violences domestiques, en anglais, ' Domestic Violence ', donc DV, terme adopté en japonais il y a déjà plusieurs années. 
Ce sont des chiffres qui ne constituent probablement que le sommet de l'iceberg, comme partout car il s'agit du nombre de plaintes enregistrées par la police et on sait comme les personnes concernées hésitent à faire ce genre de démarche. 

Mais de toute façon, ils sont plus qu'alarmants puisque l'on peut déjà faire le constat qu'il y a eu un accroissement de 15% de dépôts de plaintes en 2007 par raport à l'année précédente. Avec 20 992 cas, c'est la première fois que la barre des 20 000 cas est franchie: un record depuis le passage en 2001 de la loi concernant la violence domestique.
 
Le nombre de plaintes ayant donné lieu à un ordre de mise sous protection judiciaire a cependant connu un léger recul de 0.4% par rapport à 2006 avec 2 229 cas; dans le même temps le nombre de violation de ces arrêts instituant la protection judiciaire, au nombre de 85, a  augmenté de 60% .
Sur les 20 992 cas de violence domestique recensés, 73%,  soit 15 515 cas, ont été commis dans le cadre de relations conjugales et 99% des victimes étaients des femmes; parmi elles les femmes ayant entre 30 et 40 ans étaient les plus nombreuses (38%) alors que les groupes des femmes ayant entre 20 et 30 ans ainsi que celles ayant entre 40 et 50 ans constituaient chacun 21% des victimes. 

De même parmi ceux qui avaient infligés des sévices à leurs partenaires il y  avait 34% d'hommes entre 30 et 40 ans; ceux ayant entre 40 et 50 ans comptaient pour 24% et ceux ayant entre 20 et 30 ans pour 15%.
Parmi les plaintes recensées, 1 581 cas ont donné lieu à des poursuites  tombant sous le coup d'autres lois que celle contre la violence domestique.
Le nombre de plaintes pour coups et blessures était plus élevé que l'année précédente avec 856 cas; le nombre de viols est en hausse de 30% avec 459 cas et le nombre de meurtres ou tentatives de meurtre est en hausse de 24% avec 79 cas recensés.

Rappelons qu'en France ce sont des modifications apportées à la loi en 1994 qui définissent et pénalisent plus complètement les violences commises au sein du foyer. Rappelons également que la France a été de nombreuses fois épinglée pour avoir une mise en pratique encore insuffisante de cette loi et d'autres avancées qui en ont découlé (Voir le
rapport très complet d'Amnesty International à ce sujet).

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commentaires

Cable 18/03/2008 15:25

Amnesty n'est à mon avis pas une source d'informations fiable; leurs rapports sont comme des chateaux de cartes, leurs arguments s'écroulent quand on les regarde de près. Ils prennent des détails, et généralisent dessus. Pour eux, la France a un régime tyrannique guère différent de celui de la Corée du Nord.C'est une bonne chose qu'ils prennent la tête à tout le monde car ils forcent les gens à réfléchir, mais il me semble difficile de prendre ce qu'ils racontent pour argent comptant et de croire un traître mot de ce qu'ils racontent.

Baiya 18/03/2008 23:18

Merci de ton commentaire. Malheureusement, en ce qui concerne les violences faites aux femmes (et aux hommes) dans le cadre de relations de couple ou autres, je crois (pour avoir eu l'occasion de cotoyer le sujet de très près) que leurs données sont loin d'être exagérées. Elles sont corroborées par d'autres associations de défense des droits humains. La police en France (et au Japon) a, certes, fait de gros progrès par rapport à..il y a 20 ans, mais le problème c'est qu'on a souvent tendance à dénigrer les personnes qui viennent porter plainte (alors que c'est l'aboutissement d'un parcours qui a été souvent celui du combattant) en s'étonnant par exemple qu'elles ne soient pas déjà parties. 

Marie à Tokyo 15/03/2008 16:50

Je crois que Shizuka touche exactement le point sensible, les rapports entre boureaux et victimes. Comment avoir le courage de demander de l'aide quand on a en fait l'impression de dénoncer son époux et qu'on redoute qu'il soit envoyé en prison? La décision est souvent prise trop tard.

Baiya 16/03/2008 00:33

Merci pour vos commentaires! Il est évident que le problème est complexe du fait qu'il implique différents niveaux de relations sociales (les relations entre partenaires, avec la famille élargie, et celle avec les forces de l'ordre par exemple) et qu'il ne suffit pas de connaître ses droits pour les faire respecter. A ce sujet Coligny me rappelait que contrairement à l'article de Chunichi qui, centré uniquement sur les statistiques en chiffres, avait raté une opportunité de faire passer une analyse plus poussée de la situation, un article plus ancien de Kyodo-News " lui, ne négligeait pas les interférence policières dans l'enregistrement de ce genre de plainte".

Shizuka 15/03/2008 06:52

Les rapports entre "bourreau" et "victime" sont souvent très complexes, ce qui explique pourquoi beaucoup sont réticents à parler de ce problème, et encore plus à avoir recours à l'aide de la police. Sauf bien entendu dans les cas où la victime se sent gravement en danger.J'ai parmi mes amies japonaises une jeune femme que son mari frappait régulièrement quand il avait bu, elle me disait qu'à part quand il avait bu, il était adorable, et très doux, et qu'elle l'aimait profondément. Je me souviens mon choc quand elle m'a montré son bras couvert d'un bleu énorme...Après l'avoir frappée, son mari se montrait toujours repentant et désolé, et c'est comme ça que la situation a duré plusieurs mois.Finalement il a accepté de voir un médecin, et il s'est avéré qu'il était gravement dépressif, et stressé par son travail.Ils ont failli divorcer, car les enfants étaient traumatisés par l'attitude violente de leur père, mais dernièrement cela semble aller beaucoup mieux.Avec le harcèlement sexuel, la violence domestique est un sujet dont on parle de plus en plus ouvertement depuis plusieurs années.

avant 2001 15/03/2008 06:51

Des pensées difficiles refont surface après la lecture de ce mail. Le bon côté c'est que ça change peu à peu et que la société entière évolue dans le sens que vous décrivez. mais avant 2001, que de résistances, de difficultés pour se sortir de ces horreurs, de souffrances cachées... Je ne connaissais même pas le terme DV ... Merci pour ces informations

Marie à Tokyo 14/03/2008 06:48

A quoi attributs-tu cette  hausse? Est-ce qu'un tabou aurait été brisé et que les femmes osent parler? ou  bien elles sont plus au courant de leur droit?

Baiya 14/03/2008 07:25

Merci de ton commentaire!Oui, je crois que la hausse des chiffres est directement liée à une plus grande connaissance de leurs droits chez les femmes. La loi contre les violences conjugales ne date que de 2001 et le terme DV connaît une large publicité depuis cette époque. On trouve régulièrement des articles sur le problème qui rejoint celui de toutes les formes de harcèlement, elles-mêmes abondamment dénoncées à tous les niveaux de la société et en particulier dans les institutions éducatives où les jeunes (garçons et filles) sont sensibilisés à toutes les formes de violence auxquelles ils vont être exposés dans leur vie en société.